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  http://vimeo.com/10087845


Echo & Narcisse

Cette installation est une visualisation de données planétaires sur une multitude de chiffres et de statistiques qui défilent en temps réel à une échelle perceptible.

Dans la pièce on peut voir une sorte de galaxie de chiffres en mouvements, le nombre de naissances, de décès, la quantité de CO² produite, les arbres abattus, l’énergie renouvelable, etc. Ce sont des données annuelles divisées à l’échelle d’une journée qui défilent en démarrant à 10h le matin. Ainsi le défilement des chiffres a une vitesse lisible dont on peut sentir l’évolution, c’est ainsi plus dans le rythme d’évolution des chiffres que l’on peut sentir leur échelle. Dans le même temps, est disposé au sol un bassin rempli d’eau mise en mouvement par une pompe, dans lequel sont projetées le même type de données mais à une autre échelle. L’idée est de remplir le bassin entre 0 et un chiffre quantifiable. Dès que le bassin est plein, il affiche une autre donnée. Ainsi chaque unité de la statistique, représentée par une petite croix, s’ajoute dans le bassin jusqu’à ce que celui-là se remplisse entièrement.

En même temps, on aperçoit au fond du bassin une image en mouvement, il s’agit en fait du reflet du visiteur, filmé à l’aide d’une petite caméra, la première image connue, le reflet de Narcisse. Le visiteur découvre ainsi son expression intégrée à la multitude de chiffres qui continuent leur ronde incessante, une image captivante qu’on le veuille ou non car c’est ainsi que nous sommes conçus. Loin d’être une installation qui juge les spectateurs, elle met en abîme notre perception d’une réalité si lointaine, l’écho du monde et notre relation à ces chiffres forcément trop grands, difficilement appréhensibles dont on peut néanmoins sentir le mouvement à une échelle perceptible. C’est un voyage immobile dans la conscience d’une réalité abstraite qui représente pourtant une forme de réalité collective et partagée car ces chiffres sont issus de la multitude, de l’ensemble des habitants de la terre et c’est cette relation entre soi et le monde que l’installation entend illustrer.

Le motif mythologique qui renvoie au mythe fondateur des métamorphoses d’Ovide est là pour rappeler que l’humanité est régie par des concepts immuables, universels et intemporels. Les mythologies d’antan sont comme le cahier des charges des évolutions technologiques présentes et à venir, la métamorphose est toujours objet de fascination, l’illusion est toujours un espace de confusion entre la réalité et la fiction.

Expositions

1.618, Palais de Tokyo, mai 2009, Paris

Roombook, L'éclaireur, oct 2009-mai 2010, Paris

Echo&Narcisse


 

© Electronic Shadow 2010